Auger-Saint-Vincent (60)
lundi 21 mai 2012
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Le projet d'Auger dans la presse

Auger-Saint-Vincent teste un nouveau système pour s’équiper en haut débit
Objectif : fournir à ce village de l’Oise l’accès à internet, la téléphonie locale gratuite, la télévision numérique…
Depuis cinq mois, dans l’Oise, le petit village d’Auger-Saint-Vincent (450 hab.) s’est autorisé à rêver. Pourquoi ne pas imaginer que, dans une famille, le fils puisse télécharger des fichiers Mp3 grâce à l’internet à haut débit ? Simultanément, la fille regarderait la télévision numérique, la mère téléphonerait gratuitement en local et, le père écouterait la radio, via internet. Un rêve qui pourrait devenir réalité, grâce au système de télécommunication PWCS (Polyvalent Wireless Communication System), actuellement en cours d’expérimentation.
Contre la fracture numérique
A Auger-Saint-Vincent, on ressent de plein fouet la fracture numérique. Pourtant, le département de l’Oise fait figure de moteur en matière de nouvelles technologies. Pour répondre à l’insuffisance de l’offre en matière de haut débit, le conseil général a signé, le 6 février 2004, une délégation de service public avec les sociétés LDcable et Sogetrel, afin de déployer un réseau d’infrastructures de haut débit sur le territoire. Mais le maire d’Auger-Saint-Vincent, Fabrice Dalongeville, se rend compte que " seuls 85 % de la population de l’Oise seraient couverts d’ici à trois ans, et que le village figurait parmi les 15 % restants ". En effet, le répartiteur qui permet d’acheminer le téléphone à Auger n’a pas la capacité de supporter l’ADSL. France Télécom n’étant pas intervenu pour adapter la ligne, la commune a décidé, seule, de conduire son propre projet.
" Le point fort de PWCS, c’est qu’il offre non seulement une solution en matière d’internet à haut débit, mais aussi trois autres services : la téléphonie locale gratuite, la télévision numérique et la radio ", explique Victor Agbegnenou, directeur général de la start-up Ka technologies qui développe ce système. PWCS permet de gérer le dernier kilomètre du réseau de distribution, le plus coûteux en infrastructures. Une borne intègre en amont tous les types de données (issues du satellite, de la fibre optique, du fil cuivré ou des faisceaux hertziens). La redistribution dans les foyers s’effectue ensuite sans fil, via des bandes de fréquences. Plus besoin de paraboles individuelles ni de multiples abonnements. Fini les installations onéreuses pour la connexion à internet et pour la télévision chez les particuliers. Si la commune a choisi cette technologie, c’est parce qu’elle apparaît comme la solution la moins coûteuse pour les habitants. " Nous refusons de prélever un impôt supplémentaire pour investir en termes d’infrastructures, insiste Fabrice Dalongeville. Obliger les ruraux à payer plus cher que les autres reviendrait à creuser davantage la fracture numérique. " " Grâce à la bonne volonté qui s’est manifestée dans le village et au soutien financier de la région Ile-de-France (50 000 euros), le système PWCS a prouvé que des solutions technologiques existent pour couvrir le dernier kilomètre ", remarque Victor Agbegnenou.
Au-delà de l’expérimentation
Le 27 mars, le système a été officiellement testé devant les élus. Des applications concrètes dans différents points du village ont permis de vérifier la pertinence du projet en matière de vidéo, de téléphonie sans fil et de connexion à internet à haut débit. L’école a été équipée de dix postes raccordés à l’internet . A la fin mai, une dizaine d’habitants vont tester la technologie et donner leur avis. Et, au début juin, grâce à une webcam, la séance du conseil municipal sera diffusée sur la télévision numérique. Phase ultime de l’expérimentation : la montée en puissance de l’antenne, qui pourrait alimenter trois autres communes.
Cependant, l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) n’a accordé à Auger-Saint-Vincent qu’une autorisation d’utilisation de fréquences limitée au temps de l’expérimentation. " Maintenant que nous avons prouvé que le système était viable, aurons-nous les autorisations nécessaires pour passer au stade de la commercialisation ? " s’interroge Victor Agbegnenou. La commune entend convaincre l’ART en l’invitant à découvrir le système.
Lisa Patier

Créer des ponts entre le Nord et le Sud
Les pays du Sud, notamment en Afrique, sont confrontés au problème de la fracture numérique. C’est pourquoi les élus d’Auger-Saint-Vincent souhaitent créer un showroom technologique en donnant la possibilité à des start-up et à des pays du Sud d’expérimenter leurs technologies dans la commune.
Le 27 mars, Auger-Saint-Vincent a ainsi reçu une délégation africaine pour lui présenter le système PWCS. Le Bénin, notamment, semble intéressé par l’industrialisation du système. Auger étudie donc un projet de jumelage avec les premières villes béninoises qui adopteraient le système pour bénéficier d’un échange de technologies.


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